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30 ème Festival National de Théâtre amateur de Narbonne

 

 

 

 

J'ai trente ans ! dit le festival. Qu'est-ce que c'est bien d'avoir trente ans ! On se moque de l'air du temps. On est encore dans la jeunesse, comme le dit la chanson. Pas une ride. Voyez vous-même.

J'ai trente ans ! dit le festival. Trente ans, c'est l'âge où on peut faire les pires folies, a presque dit Antonine Maillet. Nous allons vous le montrer durant ces dix jours.

J'ai trente ans ! dit le festival. C'est entre trente et trente et un ans que l'on vit les dix meilleures années de sa vie, aurait pu affirmer Sacha Guitry. Allons voilà dix belles années qui s'annoncent.

J'ai trente ans ! dit le festival. On ne comprend guère le mot jeunesse avant trente ans a affirmé Jean Dutourd. Bah ! Grincheux. Ce serait affirmer que l'on aurait pu vieillir...

J'ai trente ans ! dit le festival. Il y a toujours quelque chose en nous que l'âge ne mûrit pas, prétendait Bossuet. L'enthousiasme ? La folie ? L'ardeur ?

J'ai trente ans ! dit le festival. A quinze ans on veut plaire, à vingt ans on doit plaire, à quarante ans on peut plaire ; mais ce n'est qu'à trente ans qu'on sait plaire, a soutenu le peintre Jean-Gabriel Domergue. Méfiez-vous, ces dix jours seront une permanente séance de séduction.

Mon âge , dit le festival. Cela dépend, Madame, de vos intentions... (a persiflé Alfred Capus)

 

 

 

Christine Bernabé

Présidente

 

Souhaitez vous connaitre l'heure d'ouverture des portes, certaines modalitées ou recommandations pour assister aux spectacles ?


Les spectacles du Festival se déroulent en plein air dans la Cour de la Madeleine du Palais des Archevêques

 

Ouverture des portes à 21 h 30

 

 Afin de faciliter l'accès du public au spectacle d'ouverture, un billet gratuit sera exigé à l'entrée. Billetterie à retirer à compter du 25 Juin à l'accueil de la MJC, de la Maison des Services et de la Mairie Annexe de Razimbaud. Il sera remis deux places par personne maximum dans la limite des 500 places disponibles.

 

L'accès aux autres spectacles se fait sans billetterie.

 

L'accès à la Cour de la Madeleine est libre mais les portes seront fermées pour des raisons de sécurité dès que toutes les places seront occupées. 

Nous vous demandons de ne pas venir accompagnés d'animaux.

 

Tous les spectacles sont entièrements gratuits.

Toutefois si le spectacle vous a plu, vous pourrez laisser à votre vouloir, quelques pièces dans les chapeaux que les comédiens vous tendront à la sortie.

 

A la fin du spectacle, le public est invité aux rencontres-débats en présence des comédiens, metteurs en scène, auteurs, dans la salle des Mariages, Cour d'Honneur du Palais des Archevêques.

Lorsque Guilhem, dit l'Armouretto, termina la gargouille sur laquelle il travaillait depuis de longs jours, au pied de la cathédrale en construction, il savait qu'elle devait prendre sa place au chevet de l'église. A peine avait-il donné le dernier coup de ciseauque la pierre sculptée lui fut retirée et emmenée pour être mise en place juste au dessus de la chapelle de Notre Dame de Bethléem. Elle était belle sa gargouille, une tête de bélier comme il l'avait rêvée, vigoureuse, pour rejeter l'eau le plus loin possible du pied des murs, encornée de belle manière, un chef d'oeuvre...


"Comme les jours sont longs. Bien sûr, placée comme je suis, je domine les cours des hôtels particuliers rangés autour de l'église, je surplombe les ryues étroites qui cheminent entre les maisons. Mais comme les jours se ressemblent. J'ai beau étirer mon cou de pierre, le spectacle qui s'étend sous moi ne varie guère. Les jours de pluie amènent quelques distractions et je prends plaisir à cracher le plus loin possible l'eau dans le tinal des Archevêques". Ainsi la gargouille de Guilhem, dit l'Armouretto, s'ennuyait ferme, haut placée au chevet de St. Just.


 Mais un jour de juillet 1984, ne voilà-t-il pas que la Cour du Palais Vieux, la Cour de la Madeleine, s'illumine sur le coup de dix heures du soir. Ne voilà-t-il pas que les voix s'élèvent sur sa droite, du côté de la Chapelle de l'Annonciade. Et puis des gens frappent dans leurs mains. Après tous ces jours d'ennui, toutes ces années de langueur, tous ces siècles de torpeur, il y aurait du nouveau au pied des tours de Saint-Just ?


La gargouille de Guilhem aurait bien demandé quelques renseignements à ses compagnes plus proches de la Cour de la Madeleine, mais il y avait bien longtemps qu'elles avaient perdu la tête sur un coup de vent du Nord. La curiosité a toujours été le pêché majeur de la gent caprine. Rappelez-vous la chèvre de Monsieur Seguin... Et on a beau être gargouille on n'en a pas moins hérité des qualités et des défauts de son modèle. Quand personne ne peut vous renseigner, il n'y a qu'une solution : aller soi-même aux nouvelles... Mais quand on est gargouille ce n'est pas si simple, la pierre même sculptée est peu coopérante et se refuse à se tordre un peu, même juste pour savoir pourquoi pour la troisième année consécutive cette même musique, ces mêmes voix, ces mêmes claquements de mains se font entredre dans la Cour de la Madeleine. Et vous savez combien la gent caprine a parmi ses vertus premières la persévérance, à moins que parmi ses défauts magistraux il ne faille citer l'entêtement.


Et c'est ainsi que peu à peu, centimètre par centimètre, la gargouille de Guilhem, dit l'Armouretto, tourna la tête vers la Cour de la Madeleine. Il lui falllut quinze ans, autrement dit quelques secondes pour une pierre engargouillée depuis des siècles, pour se rendre compte qyue ce bruit qui l'attirait c'était du théâtre, dix jours de théâtre tous les ans... Pour la gargouille de Guilhem, c'était le bonheur... pensez donc fini le spectacle du final, terminée la morne succession des jours qui se ressemblent et n'en finissent pas de passer... Dix jours de Festival de Théâtre, il y a de quoi faire perdre la tête à une gargouille...

Si vous ne me croyez pas, regardez donc au chevet de Saint-Just, avant que le spectacle ne commence et vous verrez la gargouille de Guilhem, dit Armouretto, vous la reconnaîtrez facilement, elle seule vous dévisage en attendant que la représentation ne l'accapare...